Istanbul, Istanbul, … Ville de mes rêves…
Comment raconter, expliquer le ressenti ? Dur, dur de mettre des mots, des phrases sur ce que l’on a vécu…Je vais détourner l’exercice, je vais énumérer les 10 choses qui m’ont le plus marqué, que j’ai le plus apprécié lors de mon séjour à Istanbul.
1. Le temps. J’ai apprécié la clémence du climat. Je suis partie du 5 au 19 mars en Turquie et j’ai pu découvrir cette mégalopole vêtue d’un tee-shirt et d’une veste d’été. Ce fut très agréable. Un avant-goût du printemps. Mais aussi le temps de découvrir cette cité. En deux semaines, j’ai eu le temps de prendre mon temps pour déambuler dans les rues stambouliotes. Pas de planning serré pour pouvoir tout visiter en cinq jours. Ce fut mon plus grand luxe.
Maud, Charlotte aux Fraises (merci Domitille !) et moi
3. Istanbul est une ville magique. La mer, le chant du muezzin, l’architecture, l’histoire, … C’est une ville proche, une civilisation extrêmement liée à la nôtre. On n’est donc pas complètement déphasé (comme j’ai pu l’être au Vietnam par exemple). Mais l’Orient a vite fait de nous rattraper. Même si cette civilisation est proche, elle est différente. La ville m’a charmé. Le grand bazar, les marchés populaires, les petits vendeurs de rue, … Le temps (il est donc omniprésent) ne coule pas de la même manière à Istanbul. Les gens prennent le temps. Et Istanbul a très vite fait de nous le rappeler. Les bus ne passent pas à des horaires déterminés, ils passent lorsque le tour qu’ils ont à effectuer est fini. On ne peut pas être trop pressé, les artères noires de monde nous empêchent de cavaler à cent à l’heure. On marchande au grand bazar, autour d’un thé, et au lieu d’un quart d’heure pour choisir les quelques souvenirs que j’ai ramené, on reste une heure à discuter.
Mosquée d'Ortaköy (désolée, il va falloir tourner la tête !)
4. Les lieux touristiques sont superbes, et je pèse mes mots. Topkapi (à prononcer Topkape), le palais de Dolmabahce, Sainte-Sophie, la mosquée Bleue, … Lieux chargés d’histoire… Byzance, puis Constantinople et finalement Istanbul est une ville à l’atmosphère un poil surannée. Chaque pierre, chaque monument évoque l’époque fastueuse du sultanat…
La mosquée Bleue
Porte du palais de Dolmabahce
5. Historique, évidemment, mais également ultramoderne et en voie de modernisation vitesse grand V. Istanbul est une ville rassemblant 16 millions de stambouliotes, plus qu’une métropole, Istanbul est une mégalopole. Les travaux sont très présent. De restauration mais également de construction. J’ai pu découvrir le plus grand centre commercial d’Europe flambant neuf, étalé sur 6 étages.
6. Istanbul est aussi un voyage pour le palais. Je me suis régalée. Entre les simit (petits pains au sésame, parfait pour le petit déjeuner avec un jus de grenade fraîchement pressé), les spécialités kurdes, les döners kebabs (très différents des français), les loukoums, … Miam ! Les boissons sont également délicieuses. L’Ayran, une sorte de lait crémeux et salé, le boza à base de millet fermenté, sucré et acide en même temps, le shalep (double miam !) composé de poudre de bulbes de plusieurs espèces d’orchidées desséchées (à boire chaud !)… J’ai goûté le raki, alcool national turc, mais je ne suis pas trop fan des boissons anisées.
7. Le 8 mars, journée internationale de la femme, j’ai pu assister à une manifestation en faveur des droits de la femme. Cette manifestation monstre qui s’est déroulée sur la partie asiatique d’Istanbul a finalement rassemblé tout les laissés pour compte de la société turque : homosexuels, kurdes, gauchistes. J’ai aimé ce retour à la réalité. Istanbul, n’est pas qu’une ville touristique chargée d’histoire, c’est également une ville vivante qui est la plus importante de Turquie, même si ce n’est plus la capitale depuis Atatürk.
Meeting après la manifestation
8. Istanbul est une ville très culturelle. J’ai pu aller à l’opéra pour quelques euros assister à Carmina Burana. Splendide ! J’ai également apprécié les photos de Koudelka, photographe français d’origine tchèque. J’ai profité des très nombreux concerts proposés chaque soir. Musique tzigane, rock, jazz, des Balkans, il y en a pour tous les goûts ! J’espère vraiment pouvoir retourner à Istanbul en 2010, année où elle sera la capitale mondiale de la culture !
9. Istanbul où la gentillesse des turcs. On ne reste pas très longtemps seul face à son plan, perdu dans les rues. Très vite un stambouliote proposera son aide. Au grand bazar, les commerçants offrent le thé même si on achète seulement pour 50 centimes… L’occasion de découvrir un peu la vie quotidienne stambouliote. Lorsque l’on pose une question (où se trouve tel arrêt de bus ?) et que notre interlocuteur ne connaît pas la réponse, il s’assurera toujours de trouver une personne compétente pour nous donner la réponse.
10. Le hamam. A lui tout seul, il mérite une place dans mon top 10. Expérience complètement hallucinante ! Deux jours avant de partir, j’ai voulu tester un hamam turc (malheureusement en voie de disparition à cause/grâce au développement des SDB dans les appartements). Fortes des conseils de la colocataire de Maud qui a découvert la veille un hamam de quartier pas trop cher, Maud et moi décidons d’y aller. Début de soirée à Istanbul, la nuit est tombée, on rentre dans le hamam. La masseuse est déjà rentrée chez elle. Pas de problème nous dit le patron, on la rappelle ! 15 minutes plus tard, la voilà qui arrive et elle nous demande de la suivre. On sort dans la rue et elle nous emmène près d’une porte un peu en retrait. J’étais à mille lieux de penser que derrière cette porte se trouvait un autre hamam, la partie pour les femmes. Pendant que nous nous mettions en maillot de bain, elle l’a mis en route rien que pour nous pas très écologique tout ça ! On s’est donc retrouvé Maud et moi dans un hamam superbe bien que vieillissant. On a pu admirer le plafond en coupole et le marbre revêtant le sol. La masseuse nous a récuré (je ne vois que ce mot là pour traduire l’expérience), j’ai pu abandonner des monceaux de peaux mortes, et elle nous a ensuite massé. Rien ne pouvait altérer mon plaisir, pas même les quelques blattes que j’ai pu apercevoir !
Bien sûr, mon séjour à Istanbul ne se résume pas à ça. J’ai omis de raconter le tremblement de terre (4,8 sur l’échelle de Richter quand même), les croisières sur le Bosphore, les mosquées par centaines, … Mais c’est déjà un récit (plutôt long même) qui permet de comprendre comment j’ai pu vivre ces deux semaines dans cette ville que j’ai tant rêvé !
Merci Istanbul, tu as tenu tes promesses, je n’ai pas été déçue !






